mercredi 9 août 2017

Travail Manuel . De quoi parle-t-on?






Le travail manuel est trop souvent dévalué
article du journal Le Monde le 9 août 2017



Quel plaisir ce jour de retrouver dans les pages du journal  “Le monde” Matthew  Crawford.
C'était il y a sept ans. Déjà ! Il nous comblait alors par la publication en français de son ouvrage « Eloge du carburateur » essai sur le sens et la valeur du travail aux éditions la découverte. Dans cet ouvrage « mêlant anecdotes, récits et réflexions philosophiques et sociologiques Matthew  nous montrait que “ce travail intellectuel dont on nous rebat les oreilles depuis que nous sommes entrés dans l'économie du savoir se révèle souvent pauvre et deresponsabilisant .”  Et de nous montrer en tant que mécanicien, son nouveau métier, que le travail manuel peut même se révéler beaucoup plus captivant d’un point de vue intellectuel que tout ce que nous procurent, prétendent nous procurer,  les nouveaux emplois de l'économie du savoir.

Aujourd'hui dans l’ entretien donné au journal Le le  Monde  Matthew Crawford attire notre attention sur…

La prééminence du pratique sur le théorique. Historiquement parlant les découvertes scientifiques ont très souvent été précédées par des activités pratiques. La construction savante si on essaie de la comprendre dans son histoire trouve ses fondements dans l'activité plus souvent que dans la théorie. Ainsi le moteur à vapeur a été développé par des mécaniciens qui avaient observé la relation entre la température et la pression. L'essor, le développement de ce moteur a favorisé le développement de la thermodynamique ETC.

Le lien transitif entre usages et connaissances.  Notre façon de connaître un objet, un dispositif trouve son origine dans les usages que nous faisons de cet objet ou de ce dispositif. La contemplation n'est pas première. La théorie n'est pas fondatrice des apprentissages pratiques. On n'apprend pas à utiliser un marteau en le contemplant.

Le fait que "affronter les problèmes pratiques est aussi un apprentissage de l’humilité".   Accepter d'affronter les problèmes pratiques que nous posent nos environnements techniques quotidiens peut nous rendre un peu plus humble un peu plus sensible à ce que font les « réparateurs » auxquels nous faisons appel pour solutionner les problèmes techniques que nous rencontrons. Oser affronter nos problèmes pratiques , tenter de faire avec les moyens( ressources) qui sont les notres, peut favoriser l'émergence d'un peu d'empathie entre des gens qui ne se ressemblent pas.

Et de conclure en nous disant que “la vraie question n'est pas tant de savoir si vous travaillez avec vos mains ou  dans un bureau mais de savoir si vous exercez votre jugement au travail.”

Se salir les mains ne veut pas dire que l'on fait un boulot idiot.
Dur! D’être obligé de rappeler cela.

Y.M


 

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